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Barbey d'Aurevilly, 1808-1889

Barbey 

«Le public a été deux fois injuste envers lui: d'abord en ne lui accordant pas la considérable place à laquelle il avait certainement droit; ensuite en grossissant sa légende de dandy ridicule, au détriment de son singulier génie."

Quoi qu'on ait raconté sur ses origines, Barbey d'Aurevilly avait une héroïque noblesse, une allure, un ton et des mots inoubliables. Pauvre et fier comme Artaban, illusionné de la Manche française comme l'autre de la Manche espagnole, mais d'un à-pic extraordinaire dans quelques-uns de ses jugements, ferme en ses opinions et croyances, à une époque où tout vacillait dans l'épaisse sottise démocratique, éloquent et spirituel à la façon d'un Rivarol, aéré comme Chateaubriand, bien plus logique que lui, visionnaire des paysages de son Cotentin comme un vieil aigle, le maître du Chevalier Destouches et de Une vieille maîtresse inspirait au gamin que j'étais une profonde admiration. Il avait la tête dans les cieux. Il ne ressemblait pas aux autres hommes de lettres. Ses aphorismes, ses condamnations, ses éloges tombaient de haut.

Un jour d'hiver, par un froid sec, mon père l'emmena, de chez
Lemerre, jusqu'à un restaurant des Champs-Élysées, encore ouvert et bien chauffé, dont je ne me rappelle plus le nom. Tous deux parlaient vivement de Flaubert, que défendait avec passion Alphonse Daudet, qu'attaquait avec passion Barbey D'Aurevilly. Je marchais à côté d'eux très attentif et intéressé, car Flaubert, chez nous, était roi.

Une fois installés: “Que prenez-vous?...
— Du champagne”, répondit d'Aurevilly comme il aurait dit: “De l'hydromel.”

Vieux guerrier édenté, au verbe sifflant et irrésistible, il avala coup sur coup quatre, cinq verres de cet argent liquide et mousseux. Puis il se mit à parler, si fort et si bien, que la caissière émue ne le quittait pas du regard. Mon père lui donnait
la réplique. Le soir venait. On alluma le gaz et, au bout d'une heure environ, étant derechef altéré, ce démon de Barbey redemanda: “Une seconde bouteille de champagne, madame, je vous prie.” J'étais émerveillé. Il portait ce jour-là, pour cette prouesse improvisée, un grand manteau noir flottant, doublé de blanc, et le fond de son chapeau haut de forme était de satin écarlate. Mais qui donc aurait eu envie de rire en entendant de pareils accents!

Sa voix ajoutait au prestige. Il l'enflait, puis la baissait harmonieusement. Il eût fait un orateur consommé. Perpétuellement tourné vers ce qui est grand, généreux et original, il possédait un répertoire d'exploits galants et militaires, où le farouche le disputait au précieux dans un excellent dosage très français. Imaginez une interpolation des Vies des dames galantes de Brantôme avec les Vies des grands capitaines. Son horreur de la vulgarité s'affirmait, quand il disait à mon père: “Votre Zôla”, comme s'il y avait eu sur l'o plusieurs accents circonflexes et dépréciateurs.

Je l'ai montré grand et beau buveur. Un soir à Champrosay, le domestique, se trompant, versa à la ronde, au lieu de vin blanc, une antique eau-de-vie de prunes, dépouillée certes, mais encore vigoureuse. D’Aurevilly se faisait toujours servir au ras bord. Avant qu'on n'eût eu temps de l'avertir de la méprise, il avait déjà tout englouti d'une lampée, sans nul émoi, comme si cette rasade eût été naturelle.

Il avait en horreur certains contemporains, pour la mollesse de leur style ou la vulgarité de leurs idées. D'où son mot célèbre, au sujet du plus prolixe d'entre eux: “Ses parents, mossieur, vendaient de

la porcelaine. Lui, c'est un plat.” Mais il était tout indulgence et bonté envers les petits confrères laborieux et miteux, qui font péniblement leur chemin dans le journalisme. Il citait volontiers Byron et les lakistes, Shakespeare, les Pères de l'Église et les grands classiques. Somme toute, une admirable personnalité, un diamant que rien ne pouvait rayer, sinon un autre diamant de même taille et de même clivage. On l'eût vainement cherché parmi ceux de sa génération.»

Léon Daudet

« Mais, bon Dieu! quelle continuelle pose et quelle originalité factice ! Il ne s'est point contenté d'être un mousquetaire dans son style, il a voulu en être un sur le pavé. A vingt ans, il a été la proie du dandisme (sic), il s'est agenouillé devant Brummel. Cruelle aventure, car aujourd'hui il porte encore le pantalon collant, la redingote à plis, les grandes manchettes et le grand col de sa jeunesse. Les dames le suivent d'un oeil stupéfait. »

Emile Zola

Une seule chose attirait mon attention: cette question restée sans réponse. Je ne cherchai pas longtemps, et de suite un nom me vint aux lèvres. Ce n'était peut-être pas le nom de l'auteur qui m'avait causé le plus de joie et d'émotion, mais celui de l'écrivain qui avait eu le plus d'influence sur moi, et dont les idées m'avaient pénétré le plus profondément.

Robert Vernon

Biographie

Issu de la petite noblesse normande, austère et profondément catholique, Jules Barbey d'Aurevilly passe son enfance dans la Manche. Il fréquente l'un de ses oncles médecin, profondément libéral, qui exerce sur lui une grande influence. Un moment républicain et athée, il finit, sous l'influence de Joseph de Maistre, par adhérer à un monarchisme intransigeant qui correspond mieux à son mépris pour le siècle bourgeois. Sans pour autant renoncer à une vie de dandy, dont il se fait par ailleurs le théoricien avec 'Du dandysme' et 'George Brummel' en 1845, il se convertit au catholicisme en 1846 et devient défenseur féroce de l'absolutisme. Critique littéraire redouté et courageux, il dénonce aussi bien les prétentions anticléricales du positivisme que les mesquineries du parti catholique. Jules Barbey d'Aurevilly est surtout connu pour ses romans, ainsi que pour ses nouvelles Les Diaboliques en 1874, qui mêlent un réalisme historique, enraciné dans son Cotentin d'origine, à un surnaturalisme exalté. Son oeuvre est consacrée aux puissances dévastatrices de la passion, qu'elle soit charnelle - Une vieille maîtresse, 1851 - filiale - Un prêtre marié, 1865 - politique - Le Chevalier Des Touches, 1864 - ou mystique - 'L'Ensorcelée', 1855. Celle-ci libère chez ses personnages des forces insoupçonnées qui les condamnent le plus souvent au crime.

Véronique Sanson

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Une chanson de Véronique Sanson... celle qui laisse encore courir des frissons... 30 ans après !

http://www.dailymotion.com/video/xzsvm_veronique-sanson-ma-reverence_music

Véronique Sanson naît le 24 avril 1949 à Boulogne-Billancourt, dans une famille de mélomanes. Ses parents l'inscrivent très vite à des cours de piano avec sa soeur Violaine, de deux ans son aînée. Une éducation musicale classique que Véronique n'a jamais reniée.

Aux alentours de treize ans, la jeune fille se met à la guitare et compose ses premières chansons. Elle séjourne dans un pensionnat anglais ce qui lui fait découvrir les Beatles.

Roche-Martin

En 1965, Véronique Sanson peaufine sa véritable première oeuvre (un concerto pour deux flûtes, deux clarinettes et orchestre !) puis part en vacances en Espagne avec Violaine. Là, elles rencontrent le futur compositeur de Patricia Kaas, François Bernheim, avec qui elles forment les Roche-Martin. Un trio qui ne survit qu'à deux 45 tours mais qui permet à Véro de croiser la route d'un ami d'enfance, un certain Michel Berger !

Michel Berger

Ce dernier est alors directeur artistique dans une maison de disques et lui offre la possibilité d'enregistrer son premier titre en solo, Le printemps est là. Malgré son échec commercial, celui-ci signe ses vrais débuts discographiques.

Véronique Sanson continue de collaborer avec Michel Berger qui lui demande de composer un titre pour

Isa

belle de Funès, la fille de Louis, Les voisins qu'elle reprendra en 1992 sur son album Sans regrets.

Amoureuse

En 1972, le tandem fonctionne parfaitement pour le premier album de la chanteuse, Amoureuse. C'est l'aboutissement de centaines d'heures de travail, tant pour la composition que pour la voix, et quelques jolis tubes y figurent: Bahia ou Besoin de personne notamment.

Un second opus arrive l'année suivante avec De l'autre côté de mon rêve et elle commence à faire ses armes sur scène en ouverture de Julien Clerc, Claude François ou Michel Polnareff.

Stephen Stills                                                                               

1973 est aussi l'année au cours de laquelle elle rencontre le musicien américain Stephen Stills, membre du célèbre quatuor Crosby, Stills, Nash & Young. Elle l'épouse en mars avant de partir vivre avec lui aux Etats-Unis où naît leur fils, Christopher, en 1974. Une nouvelle vie qui va durer dix ans lui permettant de se familiariser avec les musiciens du cru qu'elle sollicitera tout au long de sa carrière.

Véronique Sanson publie Le maudit en 1975 et donne ses premiers concerts en tête d'affiche à l'Olympia.

L'Olympia

Au milieu des années 70, il est plus que rare qu'un artiste français enregistre à l'étranger. C'est pourtant son cas puisque Vancouver, en 1976, est mis en boîte à Londres, avec une équipe anglaise.

Véronique Sanson a désormais apprivoisé la scène et se produit deux semaines d'affilée à l'Olympia. Le public semble friand de ce nouveau son, très anglo-saxon, qui se marie à merveille avec des textes en français de grande qualité.

Exclusivement féminin

En 1978, sort Hollywood, le cinquième album de Véronique Sanson. Il comprend un hommage à son nouveau manager, Bernard Saint-Paul, avec Bernard's Song et elle confie les premières parties de la tournée française qui suit à Michel Jonasz. Elle est également la première femme à se produire au Palais des Sports de Paris en 1978. Elle y donne deux concerts quotidiens pendant trois jours !

Elle tourne la page de cette décennie avec 7ème en 1979 puis alterne entre albums et concerts de façon régulière jusqu'au milieu des années 80. Laisse-la vivre arrive dans les bacs en 1981, deux ans avant qu'elle ne fasse scène commune avec Michel Jonasz et Eddy Mitchell au moment où sort sa compilation

Exclusivement féminin.

C'est cependant une période très difficile pour la chanteuse qui se bat pour récupérer la garde de son fils et revenir avec lui en France. Ce qu'elle obtient en 1983.

En 1985, Véronique Sanson propose un album éponyme. Elle s'engage en 1986 dans une nouvelle tournée intitulée "Chacun son tour", conjointement avec Alain Souchon.

Allah

Elle publie Moi le venin en 1988, comprenant notamment le très controversé Allah, censuré dans bon nombre de médias et qui lui vaut une protection rapprochée. Au moment où les islamistes font régner la terreur, particulièrement en Iran, elle est toutefois soutenue par la plupart des artistes français.

Les Enfoirés

Après une nouvelle série de récitals, Véronique Sanson prend part à la première tournée des Enfoirés avec Jean-Jaques Goldman, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Michel Sardou.

A la fin de l'année 1989, elle part répéter en Tchécoslovaquie avec l'orchestre symphonique de Prague. Un rêve qui se prolonge le temps de quelques concerts au Théâtre du Châtelet, à Paris, là où est enregistré le fameux Symphonique Sanson qui sort en 1990.

Victoire de la Musique

Sans regrets, réalisé à Los Angeles, lui succède en 1992 et le premier extrait, Rien que de l'eau, est symbolique alors qu'elle commence à se débattre avec des problèmes d'alcoolisme. Un album au fort succès qui lui vaut une Victoire de la Musique en tant que chanteuse de l'année.

Une nouvelle tournée suit et elle y rend hommage à Michel Berger, récemment décédé, en reprenant le titre Seras-tu là. Les Francofolies de la Rochelle la saluent également en 1994; il en sortira l'album Comme ils imaginent. La chanteuse se marie en 1995 avec l'humoriste-acteur Pierre Palmade.

Indestructible ?

Après le toujours autobiographique Indestructible en 1998, Véronique Sanson prépare un album en hommage à Michel Berger qui sort en 1999. Il s'agit de D'un papillon à une étoile. Cela lui vaut une forte inimitié de France Gall mais ne l'empêche pas de reprendre les grands succès de son premier mentor au cours d'une nouvelle tournée. Mais la chanteuse est lasse et doit annuler bon nombre de concerts à cause de problèmes de sang et de sa dépendance à l'alcool.

Une compilation, Les moments importants, comble en partie l'attente de ses fans avant le vrai retour en 2004 avec Longue distance. Une résurrection aussi inespérée qu'émouvante.

Pierrick Roux

La maîtresse rousse - Barbey d'Aurevilly

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Jules Amédée Barbey d'Aurevilly, habituellement appelé Jules Barbey d'Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) le 2 novembre 1808 et mort le 23 avril 1889 à Paris est un écrivain français et un journaliste au style polémique. Surnommé le « Connétable des lettres », il contribua à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXe siècle.

La Maîtresse rousse

Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec possession plus qu'adoration !
C'était ma rage, à moi ! la dernière folie
Qui saisit, - quand, touché par l'âge et le malheur,
On sent au fond de soi la jeunesse finie...
Car le soleil des jours monte encor dans la vie,
Qu'il s'en va baissant dans le coeur !

Je l'aimais et jamais je n'avais assez d'elle !
Je lui disais : « Démon des dernières amours,
Salamandre d'enfer, à l'ivresse mortelle,
Quand les coeurs sont si froids, embrase-moi toujours !
Verse-moi dans tes feux les feux que je regrette,
Ces beaux feux qu'autrefois j'allumais d'un regard !
Rajeunis le rêveur, réchauffe le poète,
Et, puisqu'il faut mourir, que je meure, ô Fillette !
Sous tes morsures de jaguar ! »

Alors je la prenais, dans son corset de verre,
Et sur ma lèvre en feu, qu'elle enflammait encor,
J'aimais à la pencher, coupe ardente et légère,
Cette rousse beauté, ce poison dans de l'or !
Et c'étaient des baisers !... Jamais, jamais vampire
Ne suça d'une enfant le cou charmant et frais
Comme moi je suçais, ô ma rousse hétaïre,
La lèvre de cristal où buvait mon délire
Et sur laquelle tu brûlais !

Et je sentais alors ta foudroyante haleine
Qui passait dans la mienne et, tombant dans mon coeur,
Y redoublait la vie, en effaçait la peine,
Et pour quelques instants en ravivait l'ardeur !
Alors, Fille de Feu, maîtresse sans rivale,
J'aimais à me sentir incendié par toi
Et voulais m'endormir, l'air joyeux, le front pâle,
Sur un bûcher brillant, comme Sardanapale,
Et le bûcher était en moi !

" Ah ! du moins celle-là sait nous rester fidèle, -
Me disais-je, - et la main la retrouve toujours,
Toujours prête à qui l'aime et vit altéré d'elle,
Et veut dans son amour perdre tous ses amours ! "
Un jour elles s'en vont, nos plus chères maîtresses ;
Par elles, de l'Oubli nous buvons le poison,
Tandis que cette Rousse, indomptable aux caresses,
Peut nous tuer aussi, - mais à force d'ivresses,
Et non pas par la trahison !

Et je la préférais, féroce, mais sincère,
A ces douces beautés, au sourire trompeur,
Payant les coeurs loyaux d'un amour de faussaire...
Je savais sur quel coeur je dormais sur son coeur !
L'or qu'elle me versait et qui dorait ma vie,
Soleillant dans ma coupe, était un vrai trésor !
Aussi ce n'était pas pour le temps d'une orgie,
Mais pour l'éternité, que je l'avais choisie :
Ma compagne jusqu'à la mort !

Et toujours agrafée à moi comme une esclave,
Car le tyran se rive aux fers qu'il fait porter,
Je l'emportais partout dans son flacon de lave,
Ma topaze de feu, toujours près d'éclater !
Je ressentais pour elle un amour de corsaire,
Un amour de sauvage, effréné, fol, ardent !
Cet amour qu'Hégésippe avait, dans sa misère,
Qui nous tient lieu de tout, quand la vie est amère,
Et qui fit mourir Sheridan !

Et c'était un amour toujours plus implacable,
Toujours plus dévorant, toujours plus insensé !
C'était comme la soif, la soif inexorable
Qu'allumait autrefois le philtre de Circé.
Je te reconnaissais, voluptueux supplice !
Quand l'homme cherche, hélas ! dans ses maux oubliés,
De l'abrutissement le monstrueux délice...
Et n'est - Circé ! - jamais assez, à son caprice,
La Bête qui lèche tes pieds !

Pauvre amour, - le dernier, - que les heureux du monde,
Dans leur dégoût hautain, s'amusent à flétrir,
Mais que doit excuser toute âme un peu profonde
Et qu'un Dieu de bonté ne voudra point punir !
Pour bien apprécier sa douceur mensongère,
Il faudrait, quand tout brille au plafond du banquet,
Avoir caché ses yeux dans l'ombre de son verre
Et pleuré dans cette ombre, - et bu la larme amère
Qui tombait et qui s'y fondait !

Un soir je la buvais, cette larme, en silence...
Et, replongeant ma lèvre entre tes lèvres d'or,
Je venais de reprendre, ô ma sombre Démence !
L'ironie, et l'ivresse, et du courage encor !
L'Esprit - l'Aigle vengeur qui plane sur la vie -
Revenait à ma lèvre, à son sanglant perchoir...
J'allais recommencer mes accès de folie
Et rire de nouveau du rire qui défie...
Quand une femme, en corset noir,

Une femme... Je crus que c'était une femme,
Mais depuis... Ah ! j'ai vu combien je me trompais,
Et que c'était un Ange, et que c'était une Ame,
De rafraîchissement, de lumière et de paix !
Au milieu de nous tous, charmante Solitaire,
Elle avait les yeux pleins de toutes les pitiés.
Elle prit ses gants blancs et les mit dans mon verre,
Et me dit en riant, de sa voix douce et claire
" Je ne veux plus que vous buviez ! "

Et ce simple mot-là décida de ma vie,
Et fut le coup de Dieu qui changea mon destin.
Et quand elle le dit, sûre d'être obéie,
Sa main vint chastement s'appuyer sur ma main.
Et, depuis ce temps-là, j'allai chercher l'ivresse
Ailleurs... que dans la coupe où bouillait ton poison,
Sorcière abandonnée, ô ma Rousse Maîtresse !
Bel exemple de plus que Dieu dans sa sagesse,
Mit l'Ange au-dessus du démon !

Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889)
Poussières

Outremer

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http://www.dailymotion.com/video/x2pvof_bernard-lavilliers-outremer_music

encore une petite de Lavilliers.

A 17 ans, je découvre le Stéphanois et j'apprends par coeur les histoires extraordinaires d'un billet de banque. Les paroles sont canailles à souhait pour l'adolescente que je suis. Ca sent la provocation, le soufre et les abîmes... voici, de mémoire, la première strophe :

j'ai débuté ma carrière

dans un hold-up audacieux

y avait de la cervelle par terre

les flics étaient très nerveux

continue dans un boxon

dans le slip d'une souris

puis passé dans le ceinturon

d'un marchand de paradis

qui s' fit dézinguer plus tard

mais ça c'est une autre histoire.

bon après ce premier album j'écoute Lavilliers de façon intermittente. J'aime bien On the road again et toutes ses reprises des grands poèmes, justement comme celui d'Aragon : est-ce ainsi que les hommes vivent ?

voilà un gars qui a vraiment le sens de la poésie !

L'été

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http://www.dailymotion.com/video/x2pvoh_bernard-lavilliers-lete_music

Louis Aragon - Vie et oeuvre

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Écrivain français (1897-1982).

«Fils illégitime d'une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre, Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu'avant son départ pour le front. Enfant précoce, il compose dès l'âge de six ans, dans l'atmosphère confinée d'une pension de famille où apparaissent de belles étrangères, de petits romans inspirés de Zola qu'il dicte à ses «sœurs» et dont il a publié plus tard l'un des volumes.

Après une brillante scolarité (il maîtrise en sixième le programme littéraire du baccalauréat) pendant laquelle il dévore tous les livres qu'il trouve, à commencer par Dickens (écrivain anglais), Tolstoï et Gorki (écrivains russes), il assiste à l'éclatement de

la Première Guerre

mondiale. Il échappe, de 1914 à 1916, à plusieurs vagues de départ pour le front et commence des études de médecine en 1915 tout en fréquentant assidûment la librairie d'Adrienne Monnier, grâce à laquelle il découvre Lautréamont, Apollinaire, Mallarmé, Rimbaud…Cela ne l'empêche pas de lire Barbusse, dont Le Feu (1916) fait sur lui une très forte impression.

Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l'écriture, sous toutes ses formes: poétique avec Feu de Joie (1920), romanesque avec Anicet ou le Panorama, roman (1921). Il participe également à la création d'un mouvement artistique d'avant-garde (qu'on appellera le Dadaïsme) puis, à partir de 1924, à la naissance du Surréalisme qu'il sera le premier à théoriser avec Une vague de rêve (1924). Dès lors, sa dimension d'écrivain et de poète ne va cesser de s'accroître, notamment avec Le Paysan de Paris (1926), qui est un des sommets de la prose surréaliste de l'époque. Inscrit au Parti Communiste dès 1927, comme beaucoup de surréalistes (Breton, Eluard), Aragon se sépare peu à peu de ses amis qui refusent de se soumettre à la volonté d'un quelconque groupe et s'engage corps et âme dans la lutte politique.

Il rencontre en 1928 un jeune écrivain russe, Elsa Triolet, dont il ne se séparera plus. Il devient simple journaliste à L'Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934) qui raconte l'évolution de plusieurs personnages bourgeois (et notamment des femmes) vers le communisme. Sur le modèle de Balzac et de Zola, Aragon entame alors un grand cycle romanesque qu'il appelle Le Monde réel avec Les Beaux Quartiers (1936), Les Voyageurs de l'Impériale (1939, récemment adapté pour le cinéma), Aurélien (1944), et enfin Les Communistes (1949-1951) qu'il réécrira entièrement en 1966-67. Mais la «drôle de guerre» et surtout la défaite de juin 40, feront réapparaître une autre facette de l'écrivain, celle du poète, dont la production, à partir de Crève-cœur (1939) marquera toute la période de la Résistance française avec, notamment, Les Yeux d'Elsa (1942), Brocéliande (1942), Le Musée Grévin (1943) et

La Diane Française

(1944). Après la Libération, Aragon, célébré et puissant, poursuit son engagement politique et soutient sans ambiguïté et sans doute en connaissance de cause les dérives staliniennes du communisme. Après la mort de Staline (1953) et le rapport Krouchtchev (1956), qui dénonce les atrocités commises sous le régime précédent, Aragon traverse une véritable crise qui le mènera au bord du suicide et dont il ne sort qu'en se livrant entièrement à la direction d'un grand hebdomadaire littéraire, Les Lettres françaises. Deux grandes œuvres naîtront cependant de cette crise: Le roman inachevé (1956), autobiographie poétique immédiatement saluée comme un chef-d'œuvre par toute la critique et

La Semaine Sainte

(1958), gigantesque reconstitution mi-historique mi-romanesque d'un des derniers épisodes de la carrière napoléonienne.

À partir de ce double succès, la production poétique et romanesque d'Aragon ne va cesser de s'amplifier, en marge des modes du Nouveau Roman: avec Les poètes (1960), Le Fou d'Elsa (1963), La Mise à mort (1965), Blanche ou l'oubli (1967), Les Communistes (seconde version) Henri Matisse, roman (1970), prodigieux roman où écriture et peinture se croisent et se rejoignent, et enfin Théâtre/roman (1971). Après la mort d'Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l'union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d'un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s'est guère estompé depuis.

(Luc Vigier). Source: Site Louis Aragon Elsa Triolet (catégorie: articles)

Est-ce ainsi ques les hommes vivent ?

Merci à Louis Aragon pour ce très beau poème (qui a été d'ailleurs mis en musique avec beaucoup d'émotion par Léo Ferré puis Bernard Laviliers)

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes nuits
Que faut-il faire de mes jours
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faÏence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

LOUIS ARAGON

Edward Hopper (1882-1967)

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« Edward Hopper est la quintessence du peintre réaliste américain. Ses images sont devenues des éléments à part entière de l’expérience américaine"

Robert Hugues

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Hopper : Sunlight in a Cafeteria

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Sunlight in a Cafeteria, 1958
Huile sur toile, 102,2 x 152,7 cm.

New Heaven, Connecticut, Yale University art gallery, legs Stephen Carlton clark, B.A, 1903

Ce tableau est le miroir de "Nigthawks" de par l'heure de la journée mais aussi par le fait qu'ici la scène part de l'intérieur vers l'extérieur, vers la lumière du jour qui inonde la cafétéria, à l'inverse de "Nighthawks", où c'est le bar qui éclaire la ville.
La lumière vient en oblique, concentrée par une fenêtre invisible, seulement mise en valeur par la plante qu lui donne une réalité. Elle frappe les deux protagonistes mais épousant encore fortement la ligne de démarcation cachée entre les deux personnages. La mise en scène est ordonnée, la femme est repliée sur elle-même, tandis que l'homme droit et rigide regarde par la fenêtre, au-deçà d'elle, vers l'extérieur, croisant à angle droit le regard de la femme.
Le désir et la demande reste très présentsdans cette toile, c'est le principal élément de tension, le récipient en forme de phallus derrière l'homme n'y contribue pas dans la moindre mesure.

http://netmadame.free.fr/culture/franck/hopper/les-peintures.htm

Hopper : Four lane road

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Four Lane road, 1956
Huile sur toile, 69,8 x 105,4 cm. Collection privée.

Cette toile offre une contre-projection de l'espace intérieur défini, face à une ouverture extérieure large. Pour l'homme assis, le terrain et la station qui l'entourent sont pour lui un nouvel espace intérieur. Sa position figée et son regard parallèle à la route accentue la posture déjà très statique de l’homme. La femme semble venir de l'extérieur, faisant irruption dans la statique de l'homme, qui pourtant ne réagit pas. Son ombre, d'origine inconnue, puisqu' aucune source de lumière n'est visible, clône de lui-même, offre une nouveau rempart à la femme pourtant très proche de lui.
Cette scène dynamique des êtres vivants vient à l'encontre du calme de la nature extérieure et rectiligne, de la tranquillité des couleurs, et de la statique des pompes aux couleurs vives à l'esprit plus décoratif que mécanique.

http://netmadame.free.fr/culture/franck/hopper/les-peintures.htm

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Les blogs glanés sur la toile...

  • Zazoo's Blog
  • camera obscura
    Un voyageur qui a pas mal d'humour... à suivre
  • Aquanamorphose
    Très riche. Très beau.
  • Le pieton de Charonne
    des photos de Paris, 11e arrondissement. J'aime, c'est tout. A vous d'apprécier.
  • Taxis Elfus
    Un très riche site elfique
  • Terres de femmes
    La Revue littéraire, artistique & cap-corsaire
  • Une pensée par jour
    parce qu'à l'intérieur de chaque journée, minute ou seconde de notre vie, nos pensées, humeurs s'en vont et viennent comme un grand fleuve... ces sources d'eau vive.
  • Jacques Ancet
    A lire, voilà tout.
  • les peintures de Botigna
    Prof d'arts plastiques le jour, peintre le soir...
  • Lightscape-Images
    de belles balades photographiques. Merci à Neil
  • J'irai marcher par-delà les nuages
    Que ce soit le silence des amants ou l'arbre du rêve, plongez-vous de toute urgence dans ces pages. Un livre-blog vers qui l'on va comme on va écouter un ami.
  • Elisabeth
    elle a le sens des mots... et le sens des images. A suivre de près, très près...
  • trace et signe
    tout est dans le titre du blog. A ne pas zapper... magnifique !
  • yoqi
    yoga, qi qong ? Qu'est-ce que c'est ? un bon site pour tous ceux qui en ont assez de cette société de consommation et veulent retrouver leur part manquante (humaine, spirituelle, psychique, émotionnelle, etc.)
  • Le chat lumière
    Découvrez les poèmes de Yann
  • rêves et interprétation (C.Q. Jung)
    le sens de votre rêve sur le web. ... et un très bon site psy. ****
  • Le Baton de Parole
    un site très intéressant sur la culture amérindienne

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