Un cœur faible
«C'est la seule écriture féminine dont j'aie été jalouse», disait Virginia Woolf à propos de son amie Katherine Mansfield. A l'exemple de ce texte inédit, ses nouvelles sont sans doute les plus belles de la littérature anglaise du début du XXe siècle: un art merveilleux de la fugue où se conjuguent le goût de l'enfance et la peur de la mort, l'éloge du présent et les mystères de la vie intime, la complexité des relations humaines et l'insoutenable légèreté des choses.
Portrait of Katherine Mansfield
Bien qu'il résonnât l'année durant, bien qu'il sonnât parfois dès six heures du matin, et parfois tard dans la nuit, après dix heures, c'était surtout au printemps, au moment où le carré de violettes des Bengel, juste de l'autre côté du portail, se couvrait de fleurs bleues, que ce piano... intimait aux passants non seulement l'ordre de cesser leur conversation, mais aussi de ralentir, de s'arrêter un instant et de prendre soudain un air - si c'était des hommes - grave et même sévère, et - si c'était des femmes - rêveur et même chagrin.
Tarana Street était belle au printemps; il n'y avait pas une maison qui n'eût son jardin, ses arbres et un petit coin d'herbe suffisamment grand pour mériter le nom de «pelouse». Par-dessus les clôtures basses en bois peint, on voyait au passage qui avait les jonquilles les plus précoces, quelles bordures de perce-neige sauvages avaient péri en premier, qui possédait les plus grosses jacinthes, si roses et si blanches qu'on eût dit de la glace à la noix de coco. Mais personne n'avait de violettes qui s'épanouissaient et parfumaient l'air comme celles des Bengel. Sentaient-elles vraiment si bon? Ou était-ce pour écouter Edie Bengel à son piano qu'on se penchait en fermant les yeux par-dessus la clôture?
Un vent léger ébouriffe les feuilles, comme une main joyeuse à la recherche des plus jolies fleurs; et le piano chante, gai, tendre, il rit. A présent un nuage, tel un cygne, vole devant le soleil, et les violettes brillent d'un éclat froid, comme de l'eau, tandis qu'un cri soudain et interrogateur jaillit du piano d'Edie Bengel.
...Ah, si la vie est si courte, pourquoi faut-il que le parfum de ces fleurs soit si doux? Pourquoi ce sentiment de manque langoureux, de tendre souci - de joie fugitive? Au revoir! Adieu! Les jeunes abeilles paressent, assoupies sur les pissenlits élancés, l'argent des pétales de marguerite à la pointe rose miroite; l'herbe nouvelle frémit dans la lumière. Tout recommence, aussi merveilleux qu'avant, dans la douceur céleste. «Laissez-moi rester encore! Laissez-moi, par pitié!» supplie le piano d'Edie Bengel.
C'est l'après-midi, ensoleillé et paisible. Les stores sont descendus dans le salon pour épargner les tapis, mais, à l'étage, les lames à l'horizontale laissent entrer la lumière dorée dans laquelle la petite Mrs. Bengel se penche pour chercher sous son lit la boîte carrée qui contient ses chapeaux. Elle est toute rouge. Timide, excitée, comme une fillette. Voilà que le papier de soie s'entrouvre pour révéler son chapeau préféré, celui orné d'un papillon de jais posé sur le sommet. Elle le sort et, solennellement, souffle dessus.
Face au miroir, elle le pose sur sa tête de ses doigts tremblants. Elle enroule sa pelisse autour de ses épaules étroites, saisit son sac à main et, juste avant de quitter sa chambre, s'agenouille un instant pour demander que la bénédiction de Dieu s'étende sur ses «commissions». Et tandis qu'elle s'agenouille là, toute tremblante, elle est elle-même étrangement semblable à un papillon, agitant ses ailes sous l'œil du Tout-Puissant. Lorsque la porte s'ouvre, le son du piano qui monte à travers la maison silencieuse est presque effrayant, tant il est audacieux, arrogant, impétueux sous les doigts d'Edie. Et, durant un instant, une pensée traverse l'esprit de Mrs. Bengel, pour s'en échapper aussitôt: elle a l'impression qu'il y a un inconnu aux côtés d'Edie dans le salon, un être carrément extraordinaire, tout droit sorti d'un livre, un... un... un méchant personnage. C'est parfaitement absurde. Elle traverse le vestibule, tourne la poignée de la porte et se retrouve face à sa fille rougissante. Les mains d'Edie quittent le clavier. Elle les serre entre ses genoux, sa tête est baissée, ses boucles lui cachent le front. Elle fixe sa mère de ses yeux brillants. Il y a quelque chose de douloureux dans ce regard, quelque chose de très étrange. La lumière est crépusculaire dans le salon, le couvercle du piano est ouvert. Edie a joué de mémoire; c'est comme si l'air résonnait encore.
«Je sors, ma chérie, dit Mrs. Bengel doucement, tout doucement, comme dans un soupir.
- Bien, mère, répond Edie.
- Je ne crois pas en avoir pour longtemps.»
Mrs. Bengel tarde à partir. Elle aimerait beaucoup entendre ne serait-ce qu'un mot de sympathie, de compréhension, même, de la bouche d'Edie, pour lui remonter le moral en chemin.
Mais Edie se contente de murmurer:
«Je mettrai l'eau à bouillir dans une demi-heure.
- Oh oui, ma chérie!» Mrs. Bengel s'agrippe fort à cette minuscule perche tendue. Un petit sourire nerveux éclôt sur ses lèvres. «Je suis certaine que j'aurais envie d'un bon thé en rentrant.»
Mais à cela, Edie ne répond pas; elle fronce les sourcils, étend la main, dévisse très rapidement l'un des chandeliers du piano, soulève une bague en porcelaine rose et revisse le tout, bien serré. La vibration de cette bague l'avait agacée. Au moment où la porte d'entrée se referme derrière sa mère, Edie et son piano plongent ensemble dans une eau profonde et noire, sous une vague qui les noie tous deux, sans merci. Elle continue de jouer désespérément, jusqu'à ce que son nez blanchisse complètement et que son cœur batte à tout rompre. C'est le moyen qu'elle a trouvé de surmonter sa nervosité, c'est également ainsi qu'elle prie. L'accepteraient-ils? Aurait-elle l'autorisation de partir? Etait-il possible que d'ici une semaine elle soit devenue l'une des pensionnaires de Miss Farmer, coiffée d'un chapeau à ruban rouge et bleu; grimpant quatre à quatre les marches qui menaient à la grande maison grise et peinte qui bourdonnait, tout emplie de chants, quand on passait devant? Leur banc à l'église était juste en face de celui des pensionnaires de Miss Farmer. Connaîtrait-elle enfin le nom des filles qu'elle avait si souvent dévisagées? La jolie rousse au teint pâle, celle à la peau mate avec une frange, la blonde qui tenait la main de Miss Farmer durant le sermon ? ... Mais après tout...
C'était le quatorzième anniversaire d'Edie. Son père lui offrit une broche en argent ornée d'une portée musicale, deux noires, deux croches et une blanche précédées par une clef de sol toute tordue. Sa mère lui offrit une paire de gants en satin bleu et deux boîtes, l'une pour les gants, l'autre pour les mouchoirs; peinte à la main, la boîte à gants était ornée d'un buisson de roses d'or entourant la lettre G
Il y avait un arbre à l'angle de Tarana Street et de May Street. Il poussait si près de la chaussée que ses rameaux lourds empiétaient sur la rue et que la lumière sur les pavés était toujours tamisée par un entrelacs de brindilles.
Mais à la nuit tombée, les amoureux venaient s'abriter dans son ombre comme sous une tente. Là, quel que fût le temps qu'ils avaient déjà passé ensemble, ils se retrouvaient, échangeant de longs baisers, des étreintes comme une douce torture, une souffrance qu'ils enduraient, et qui n'était rien en regard de la douleur de la séparation.
Edie ne sut jamais que Roddie «aimait» cela, Roddie ne sut jamais à quel point cela comptait pour Edie.
Roddie, pimpant, les cheveux lissés à l'eau, fit rebondir sa nouvelle bicyclette sur les marches en bois, puis franchit le portail. Il allait faire un tour et, regardant l'arbre derrière lui, dans la lueur sombre du crépuscule, il eut le sentiment que l'arbre l'observait. Il avait envie d'accomplir des miracles, de l'étonner, de le choquer, de l'émerveiller.
Roddie arborait une toute nouvelle tenue pour les circonstances. Un costume en serge noire, une cravate noire, un chapeau de paille si blanc qu'il en paraissait presque argenté, un chapeau de paille blanc éblouissant avec un large ruban noir. Attaché au chapeau, on distinguait un cordon qui évoquait une canne à pêche et la petite agrafe, sur le rebord, faisait penser à une mouche... Il se tenait près du trou, les jambes écartées, les doigts vaguement entrelacés, et regardait Edie descendre au fond de sa tombe - comme un jeune homme pas encore achevé regarde tout ce qui lui passe devant les yeux: un ouvrier au travail, un accident de bicyclette, ou un type en train de nettoyer une roue de carriole - mais soudain, au moment où les hommes reculèrent, il sursauta violemment, se retourna, murmura quelque chose à l'oreille de son père et fila à toutes jambes, si vite que les gens avaient l'air parfaitement effrayé, à travers le cimetière, le long de l'avenue aux contreforts argileux et humides qui donnait dans Tarana Road, puis il se précipita vers la maison. Son
«Edie ! s'écria Roddie. Edie, ma bonne vieille Edie !»
Il poussa un gémissement étrange et grave puis hurla: «Edie !» en regardant le piano de la jeune fille.
Mais froid, solennel, et comme glacé, le piano regarda lourdement Roddie. Puis le piano répondit, de sa part, de la part de la maison et du carré de violettes, de la part du jardin, du velours de l'arbre au coin de May Street et de tout ce qui était agréable et charmant dans cet endroit: «Il n'y a personne répondant à ce nom ici, jeune homme!»
La nouvelle inédite Un cœur faible (inachevée) est extraite de Les nouvelles de Katherine Mansfield, traduite de l'anglais par Agnès Desarthe. Copyright Stock.
Jules Amédée Barbey d'Aurevilly, habituellement appelé Jules Barbey d'Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) le 2 novembre 1808 et mort le 23 avril 1889 à Paris est un écrivain français et un journaliste au style polémique. Surnommé le « Connétable des lettres », il contribua à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXe siècle.
La Maîtresse rousse
Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec possession plus qu'adoration !
C'était ma rage, à moi ! la dernière folie
Qui saisit, - quand, touché par l'âge et le malheur,
On sent au fond de soi la jeunesse finie...
Car le soleil des jours monte encor dans la vie,
Qu'il s'en va baissant dans le coeur !
Je l'aimais et jamais je n'avais assez d'elle !
Je lui disais : « Démon des dernières amours,
Salamandre d'enfer, à l'ivresse mortelle,
Quand les coeurs sont si froids, embrase-moi toujours !
Verse-moi dans tes feux les feux que je regrette,
Ces beaux feux qu'autrefois j'allumais d'un regard !
Rajeunis le rêveur, réchauffe le poète,
Et, puisqu'il faut mourir, que je meure, ô Fillette !
Sous tes morsures de jaguar ! »
Alors je la prenais, dans son corset de verre,
Et sur ma lèvre en feu, qu'elle enflammait encor,
J'aimais à la pencher, coupe ardente et légère,
Cette rousse beauté, ce poison dans de l'or !
Et c'étaient des baisers !... Jamais, jamais vampire
Ne suça d'une enfant le cou charmant et frais
Comme moi je suçais, ô ma rousse hétaïre,
La lèvre de cristal où buvait mon délire
Et sur laquelle tu brûlais !
Et je sentais alors ta foudroyante haleine
Qui passait dans la mienne et, tombant dans mon coeur,
Y redoublait la vie, en effaçait la peine,
Et pour quelques instants en ravivait l'ardeur !
Alors, Fille de Feu, maîtresse sans rivale,
J'aimais à me sentir incendié par toi
Et voulais m'endormir, l'air joyeux, le front pâle,
Sur un bûcher brillant, comme Sardanapale,
Et le bûcher était en moi !
" Ah ! du moins celle-là sait nous rester fidèle, -
Me disais-je, - et la main la retrouve toujours,
Toujours prête à qui l'aime et vit altéré d'elle,
Et veut dans son amour perdre tous ses amours ! "
Un jour elles s'en vont, nos plus chères maîtresses ;
Par elles, de l'Oubli nous buvons le poison,
Tandis que cette Rousse, indomptable aux caresses,
Peut nous tuer aussi, - mais à force d'ivresses,
Et non pas par la trahison !
Et je la préférais, féroce, mais sincère,
A ces douces beautés, au sourire trompeur,
Payant les coeurs loyaux d'un amour de faussaire...
Je savais sur quel coeur je dormais sur son coeur !
L'or qu'elle me versait et qui dorait ma vie,
Soleillant dans ma coupe, était un vrai trésor !
Aussi ce n'était pas pour le temps d'une orgie,
Mais pour l'éternité, que je l'avais choisie :
Ma compagne jusqu'à la mort !
Et toujours agrafée à moi comme une esclave,
Car le tyran se rive aux fers qu'il fait porter,
Je l'emportais partout dans son flacon de lave,
Ma topaze de feu, toujours près d'éclater !
Je ressentais pour elle un amour de corsaire,
Un amour de sauvage, effréné, fol, ardent !
Cet amour qu'Hégésippe avait, dans sa misère,
Qui nous tient lieu de tout, quand la vie est amère,
Et qui fit mourir Sheridan !
Et c'était un amour toujours plus implacable,
Toujours plus dévorant, toujours plus insensé !
C'était comme la soif, la soif inexorable
Qu'allumait autrefois le philtre de Circé.
Je te reconnaissais, voluptueux supplice !
Quand l'homme cherche, hélas ! dans ses maux oubliés,
De l'abrutissement le monstrueux délice...
Et n'est - Circé ! - jamais assez, à son caprice,
La Bête qui lèche tes pieds !
Pauvre amour, - le dernier, - que les heureux du monde,
Dans leur dégoût hautain, s'amusent à flétrir,
Mais que doit excuser toute âme un peu profonde
Et qu'un Dieu de bonté ne voudra point punir !
Pour bien apprécier sa douceur mensongère,
Il faudrait, quand tout brille au plafond du banquet,
Avoir caché ses yeux dans l'ombre de son verre
Et pleuré dans cette ombre, - et bu la larme amère
Qui tombait et qui s'y fondait !
Un soir je la buvais, cette larme, en silence...
Et, replongeant ma lèvre entre tes lèvres d'or,
Je venais de reprendre, ô ma sombre Démence !
L'ironie, et l'ivresse, et du courage encor !
L'Esprit - l'Aigle vengeur qui plane sur la vie -
Revenait à ma lèvre, à son sanglant perchoir...
J'allais recommencer mes accès de folie
Et rire de nouveau du rire qui défie...
Quand une femme, en corset noir,
Une femme... Je crus que c'était une femme,
Mais depuis... Ah ! j'ai vu combien je me trompais,
Et que c'était un Ange, et que c'était une Ame,
De rafraîchissement, de lumière et de paix !
Au milieu de nous tous, charmante Solitaire,
Elle avait les yeux pleins de toutes les pitiés.
Elle prit ses gants blancs et les mit dans mon verre,
Et me dit en riant, de sa voix douce et claire
" Je ne veux plus que vous buviez ! "
Et ce simple mot-là décida de ma vie,
Et fut le coup de Dieu qui changea mon destin.
Et quand elle le dit, sûre d'être obéie,
Sa main vint chastement s'appuyer sur ma main.
Et, depuis ce temps-là, j'allai chercher l'ivresse
Ailleurs... que dans la coupe où bouillait ton poison,
Sorcière abandonnée, ô ma Rousse Maîtresse !
Bel exemple de plus que Dieu dans sa sagesse,
Mit l'Ange au-dessus du démon !
Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889)
Poussières
Merci à Louis Aragon pour ce très beau poème (qui a été d'ailleurs mis en musique avec beaucoup d'émotion par Léo Ferré puis Bernard Laviliers)
Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes nuits
Que faut-il faire de mes jours
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faÏence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
LOUIS ARAGON

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